Esa 58:6 Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug; 7 Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable.
Après avoir dénoncé les attitudes religieuses creuses de son peuple qui pratiquait sa religion, offrait quantité de sacrifices et se sentait juste à cause de cela, et qui dans le même temps s’oppressait et usait de violence entre eux (Es 58.3/4), Dieu par l’intermédiaire de son prophète Esaïe va redonner du sens à cette pratique du jeûne.
Au lieu d’une description liturgique du jeûne, nous voici devant un plaidoyer pour la justice et particulièrement pour une justice sociale. Ce qui me frappe dans la description du jeûne agréable à Dieu qu’Esaïe annonce, c’est le parallèle avec le Jubilé.(Lev 25.1/s) Cette année particulière qui revenait tous les 50 ans où les esclaves étaient libérés, les terres restituées, les dettes remises. L’allusion faite au sabbat à la fin de ce chapitre (58.13), nous renvoie aussi au Jubilé (qui est une année sabbatique) et à une pratique non rituelle du sabbat, mais à l’exercice d’une vraie solidarité envers nos semblables.
Ainsi jeûner ne peut se limiter à un temps de prière comme une liturgie et la recherche de bénédiction personnelle, mais le vrai jeûne, selon Esaïe nous engage dans une attitude personnelle de grâce, de miséricorde et de pratique de la justice envers notre prochain. Le vrai renoncement ne peut être que service envers autrui.
Dans le Nouveau Testament, nous avons cette pensée dans le fait de « chercher premièrement le royaume de Dieu et sa justice » (Mt 6.33) Cela implique non seulement que chacun s’abstienne de tout mal, mais encore qu’il y ait un vrai engagement pour rechercher et combattre pour cette justice. Le salut et la notion de Royaume de Dieu porte en lui-même les gènes d’une justice sociale. Le salut étant l’annonce du rétablissement d’une relation « juste » avec Dieu sur la base de la foi en Christ, il implique une relation « juste » de manière horizontale avec tous les hommes, il nous pousse à œuvrer pour une société plus « juste » dans ses relations entre les êtres humains dans l’amour du prochain. Nous ne pouvons pas aujourd’hui nous détourner de ce monde en disant simplement qu’il est perdu, en nous enfermant dans une pratique religieuse dans laquelle nous trouverions notre justification.
Les promesses attachées au vrai jeûne dans la suite du texte d’Esaïe, (58.8/14) sont suffisamment importante et glorieuse pour nous motiver à marcher vers ce qui au yeux de Dieu représente une vrai pratique de la justice. Que Dieu vous bénisse et vous encourage sur ce chemin.