Actes 4:33/34 « Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent…. »

Dans le récit que Luc fait de la vie de l’église naissante, il relève un rapport de cause à effet entre le fait que « les apôtres rendaient avec force témoignage à la résurrection de Christ » et le fait qu’il « n’y avait parmi eux aucun indigent ». En d’autre termes, c’est parce qu’il n’y avait un soucis des plus pauvres, des plus économiquement faibles que les apôtres rendaient témoignage avec force. « Rendre témoignage avec force » implique une action de l’Esprit pressante, soit comme une force de conviction qui va saisir et convaincre les cœurs, soit par des miracles, des prodiges et des délivrances au nom de Christ. Et il semble que cette force ne se limitait pas aux apôtres mais qu’elle était le fait de toute la communauté des croyants « Une grande grâce reposait sur eux tous ». A plusieurs reprise dans les premiers chapitres des Actes des apôtres, Luc relève cette unité de cœur du peuple de Dieu qui se traduisait par une solidarité économique, des distributions, Déjà à la fin du chapitre 2 , là aussi dans un contexte d’une aide sociale et d’une justice économique, il est dit « Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’église ceux qui étaient sauvés » (Act 2.47).

Encore au chapitre 6 , c’est dans un contexte d’entraide économique qu’il est parlé de la croissance de l’église « La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. » ( Act 6:7).

Dans cette première église, ce n’était pas une « stratégie » réfléchi par les apôtres pour envisager la croissance de l’église, cela s’est fait spontanément, avec des cœurs transformés et touchés par les besoins des autres. Attention, la compassion n’est pas un « truc » pour fabriquer de la croissance, ce n’est pas une question de « management» mais une affaire de cœur, de mentalité et d’engagement de notre foi dans l’action, motivée par l’amour.

Dans la recherche d’une croissance pour l’église, le soucis de justice, d’équité doit être prit en compte. Que dirions-nous d’une église ou certains sont dans l’abondance alors que d’autres ont faim ou sont dans des situations économiques difficiles ? Paul nous dit : « Le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie par le Saint Esprit » (Rom 14)

Si l’église est une micro-société qui témoigne des valeurs du royaume des cieux, alors notre façon de gérer la justice sociale au sein de l’église est en lien direct avec l’évangile que nous annonçons et du témoignage que nous rendons

C’est parce que chacun se souciais des besoins de l’autre, c’est parce que les croyants étaient prêts à certains sacrifices pour créer les conditions d’une vraie solidarité, avec des sentiments émanant de leurs cœurs renouvelés que le Saint Esprit œuvrait au milieu d’eux et des âmes s’ajoutaient au royaume de Dieu. En disant ces choses, je ne veux pas paraître comme faisant la morale, ou vous dire qu’il faudrait revenir à cette pratique de vendre les biens. Je crois qu’il ont simplement trouvé une solution à des besoins qui se faisaient jour. Je veux simplement attirer l’attention sur ce lien de cause à effet pour que nous ne l’ignorons pas et pour ne pas sur-investir certains domaines de la foi au détriment d’une justice sociale au sein du peuple de Dieu.

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